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genderAu milieu des années 70 sur les campus américains, est apparue celle qu’on appelle « la Théorie du Genre », sous l’impulsion des milieux militants féministes et homosexuels. Elle vise à lutter contre l’oppression de ce qui est appelé « l’hétéronormalité« , entretenue par un système patriarcal ancestral. Selon elle, se considérer comme homme ou femme en se fondant sur une réalité biologique, c’est refuser de se construire soi-même. Monique Wittig, grande théoricienne du genre, ajoute que « l’hétérosexualité est un système politique ».

Son objectif maintenant est la déconstruction de ce système dit « hétérocentré », avec pour objectif clair le gommage de l’altérité sexuelle.

Le Genre… de Gauche ?

Ce qui pourrait être attrayant dans cette théorie est l’aspect de libération d’un joug ancestral, donc de redonner la liberté à une minorité opprimée. le soucis est que cette théorie est… une théorie ! Elle a des conséquences à tiroirs sur la société comme, par exemple la transformation du mariage en « mariage pour tous » et les grand perdants potentiels de celle-ci : les enfants qui voient leur éducation victime de l’attrait pour les idées (bonnes ou mauvaises) d’universitaires plus ou moins renommés.

Nous voyons différents exemples sur la toile actuellement via l’éducation de « Pop » en Suède, ou l’idée de changer le nom des écoles maternelles, jugé trop sexué. Outre le problème de priorité politique relevée par le Portail de la Gauche Populaire, cela est très inquiétant de voir que nos enfants, personnes vulnérables à protéger, deviennent un champ d’expérimentation d’une théorie qui est loin de faire l’unanimité. Quid du principe de précaution pour les personnes les plus fragiles ? (désolé, penser au principe de précaution dans ce cas là, ce n’est pas un « argument UMP », mais un argument de bon sens)

De plus, au lieu de promouvoir la complémentarité homme/femme, la richesse d’une altérité féconde, elle clive la société dans une logique libérale libertaire, n’apprenant plus à se connaitre ni à se respecter tel qu’on est et tel que l’autre est, mais tel que l’on voudrait être, tel que l’on voudrait que l’autre soit. Sylviane Agacinski le rappelait : « être hétéro et homo c’est d’abord être homme et femme et ensuite avoir des orientations « . Comment être vivre la solidarité avec un autre que l’on ne veut pas connaitre réellement ?

Le Genre, de Gauche ? Pour nous, assurément non, car comme nous le rappelions dans notre article « la fièvre libérale-libertaire » : « La permissivité morale n’étant rien d’autre qu’un moyen de retirer toute barrière au consumérisme, plongeant la société dans un capitalisme sauvage. Ce syndrome libéral-libertaire est donc aux antipodes des valeurs de liberté de la gauche, puisqu’il enchaine les personnes et les États aux bons vouloir des marchés.« 

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8 réflexions sur “La « théorie du Genre » et la Gauche

  1. Visiblement vous ne savez pas ce que sont les études de genre et vous ne vous êtes jamais interessé(e) à la question.

    Parler de théorie du genre est, de plus, une grossière erreur de traduction résultante d’un faux-ami. C’est un pan de la recherche. Évitez l’obscurantisme qui voudrait qu’on refuse à certains de chercher là où ils veulent chercher et de découvrir des choses qui ne vous plaisent pas. La sociologie du genre ou l’anthropologie sexuelle tel que peut le faire Françoise Héritier sont des grands travaux que je vous invite à lire. Comprendre pourquoi, à travers des petites différences biologiques, de telles inégalités sociales sont nées entre les hommes et les femmes, est fondamental, c’est même un des combats les plus radicaux qu’il faille traiter.

    je vous renvoie vers cet article pour plus d’information. http://cafaitgenre.org/2013/01/02/la-theorie-du-genre-nexiste-pas/

    • Je vous remercie pour vos bons conseils afin de me permettre d’éviter l’obscurantisme. Auriez-vous quelques références d’ouvrages de cette dame (Mme Héritier), je n’ai eu l’occasion que de lire Judith Butler. De la sorte, cela fera des références pour nos lecteurs. Merci !

      • Ne pas connaitre grand chose sur ce concept de genre et s’attaquer à Butler, cela a du être ardu pour vous. Ce n’est pas l’universitaire avec l’écriture la plus accessible, et de loin.

        En tout cas avant d’écrire un article incendiaire vous auriez pu vous renseigner un peu plus. Parler de « théorie du genre » n’a en effet pas beaucoup de sens. Le genre ou gender est un concept qui nous vient à la base du docteur Money (si ma mémoire est bonne), un chirurgien américain qui travaillait sur les enfants nés intersexe et qui a bien été obligé de reconnaitre qu’il y avait une différence entre être mâle et être masculin (ou femelle et féminin).

        Ce concept s’est assez vite répandu dans d’autres disciplines, en anthropo notamment avec Mead par exemple qui dans les années 50 comparent les valeurs associées au féminin entre la société américaine et plusieurs tribus de Nouvelle-Guinée. Elle aussi doit bien conclure qu’il n’y a finalement pas grand chose de « naturel » à être femme en société, puisque selon l’endroit du globe où l’on se trouve ou l’époque être femme ne signifie absolument pas la même chose.

        Enfin bref je vais pas faire un exposé mais l’idée de mon commentaire c’est ça : LE GENRE EST UN CONCEPT OPERATOIRE utilisé en anthopo, en sociologie, en sciences de l’éducation, en infocom… et qui à la base nous vient des sciences dites dures !

        Parler de théorie donne l’idée qu’il y a un concencus autour de cette notion de genre, ce qui n’est absolument pas le cas.

        Que je sache, l’expression « théorie du genre » a d’abord été utilisé par des cathos tradi militants puis par certains députés UMP de la « Droite populaire ». Expression malheureusement reprise de nombreuses fois pas des journalistes qui font mal leur boulot… Vous pécher vous aussi en l’employant sans avoir cherché ce qu’il y avait derrière le mot « genre ». Un simple détour sur Wikipédia aurait été trés utile par exemple.

      • Merci pour votre commentaire, très intéressant ! Pour ce qui est du détour préconisé par wikipedia, ce n’est pas la source de références que nous utilisons en général, même s’il témoigne de l’air du temps. Bonne soirée !

  2. Non ne lisez pas Agacinsky, ramassis de conneries sur la question. Vous dites avoir lu Judith Butler, j’en doute un peu vue ce que vous écrivez, ou alors peut-être l’avez-vous mal compris ? Concernant Françoise Héritier je vous invite à lire Masculin/Féminin par exemple, qui est absolument remarquable. Mais il y ) otut eune littérature sur laquelle vous pouvez vous pencher pour commencer à espérer comprendre quelque chose sur le sujet du genre, à la fois en sociologie, en anthropologie ou en philosophie.

    Se méprendre à ce point sur ce que vous appelez « la théorie du genre » (j’ai même entendu « l’idéologie du genre » à l’assemblée… pitoyable) et écrire autant sur l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe dans ce blog montrent bien l’impossibilité pour une grande majorité des français de comprendre quoi que ce soit à ce débat. Et pour cause, de la même manière que le féminisme est, pour beaucoup d’hommes, incompréhensible tant il se bat contre des éléments tellement ancrés dans la société qu’ils paraissent « naturels » ou « couler de source », le combat contre la stigmatisation des homosexuels ne peut se faire sans une prise de conscience intellectuelle (première étape d’un combat pour l’égalité) qui fait manifestement défaut à tous ceux qui s’opposent à ce projet de loi.

    Parler de biologie quand on parle de mariage ou d’éducation des enfants est un non-sens absolu, et typiquement ce que Claude Levi-Strauss appelle un mythe. Par contre, parler de sociologie ou d’anthropologie quand on parle de mariage, là ce sont les bonnes disciplines ! La filiation est une question anthropologie (je vous renvoie aux Systèmes de parenté de Claude Levi-Strauss et pas une question biologique !

    • Merci pour votre commentaire, j’espère, à sa lecture, avoir plus d’estime pour votre démarche intellectuelle que vous n’en avez pour la nôtre, une « prise de conscience intellectuelle nous faisant manifestement défaut ». Voyant comment, dans ce commentaire, le mépris de la démarche intellectuelle « autre » peut altérer un dialogue courtois et constructif (tiens, rapport entre le désir d’altérité et le Genre ?), puisse votre commentaire nous aider déjà à désirer comprendre sincèrement la démarche intellectuelle « de l’autre ». Vous nous aidez à encore plus cet effort donc ! Merci également pour votre référence qui nous aidera à mieux comprendre votre posture. Bonne soirée !

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